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mardi 8 janvier 2019

Un médicament qui tue


Dans les années 1990, le médicament diclofénac tuaient des millions de vautours en Inde. Malgré ce fait il est encore approuvé dans l'UE et ingrédient de base dans les médicaments anti-inflammatoires les plus courants.

En Inde il y avait des millions de vautours en 1990 mais 5 ans plus tard, en 1995, ils avaient presque tous disparu. En quelques années, la population avait été décimée par plus de 97% !

Le pays avait quasiment été vidé de vautours. Les carcasses d'animaux, qui avant servaient comme nourriture pour vautours, pourraient pendant plusieurs semaines et attiraient des chiens et des rats, qui à leur tour propageaient la rage et d'autres maladies.

Comme cause les scientifiques soupçonnaient de la faim ou un virus, estimant que ne rien d'autre aurait pu causer autant de morts. La réponse n’est venue qu’en 2004 quand une étude en Pakistan a montré que les vautours sont morts après avoir mangé des cadavres de bovins traités avec du diclofénac. L'étude a montré qu’il suffisait que 1% des cadavres de vaches soit contaminé avec ce médicament pour tuer 60% à 90% des vautours. 

Depuis 2006 le diclofénac est interdit en tant que médicament vétérinaire en Inde, mais 20 à 40% de la population restante meurt encore chaque année en raison de la consommation humaine de drogues contenant cette substance.

Dans l’UE, le diclofénac a été approuvé en tant que médicament dans les années 1980. Depuis 2013, il est également légal en tant que médicament vétérinaire en Italie et en Espagne. Chez nous les cadavres ne sont pas un problème mais cette substance dépasse les stations d’épuration et il est présent dans l’eau.

C’est pourquoi une grande partie de la recherche disponible porte sur les environnements aquatiques. Les oiseaux piscivores peuvent être à risque en raison de niveaux d'exposition relativement élevés. En effet, les substances médicamenteuses sont bio-concentrées dans les poissons qui vivent dans ces eaux. En fonction de l'espèce, il peut être 10 à 3000 fois plus élevé que dans l'eau, ce qui met des oiseaux qui mange ces poissons à risque. Le peu recherche qui a été fait dans le domaine montre aucune effet négatifs pour des poulets domestiques.

Pourtant, il est difficile à croire que le problème soit spécifique pour vautours.

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